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Déontologie : l'affaire du musée Lombroso

L'affaire du musée Lombroso : la cour d'appel italienne rend un verdict positif

Déontologie : l'affaire du musée Lombroso

Museo di Antropologia criminale Cesare Lombroso

Après le verdict négatif rendu en 2012 par le tribunal de première instance, il a fallu attendre mai 2017 pour que la cour d'appel italienne décide que le musée Lombroso de l'université de Turin est bien autorisé à exposer le crâne du brigand Giuseppe Villella. En étudiant ces restes humains, Cesare Lombroso avait développé la théorie erronée de l'atavisme : la criminalité serait une prédisposition innée identifiable par certains traits physiques spécifiques.

En 2011, un groupe politique, le mouvement néo-bourbon, et le « comité NoLombroso » ont persuadé le maire de Motta Santa Lucia, le village dont était originaire Villella, de faire une demande officielle pour que le crâne soit « restitué pour être enterré comme il se doit ». L'université de Turin a refusé cette requête, comme l'y autorise la loi italienne relative au patrimoine culturel, qui protège les collections scientifiques des musées publics. ICOM Italie a indiqué être du côté du musée Lombroso, car « les résultats obtenus par Cesare Lombroso, bien qu'aujourd'hui rejetés par les scientifiques, représentent l'une des étapes de la recherche anthropologique : la connaissance découle parfois des erreurs, et nous devons les utiliser pour veiller à ne pas les répéter ». Le Comité pour la déontologie de l'ICOM a également appuyé la position d'ICOM Italie, « étant donné le but scientifique du musée et la non-application à ses collections de l'article 4.4 du code de déontologie de l'ICOM ». En mai 2017, la Cour d'appel de Catanzaro a rendu son verdict, rejetant la demande de restitution du crâne à la ville de Motta Santa Lucia, pour des raisons semblables à celles avancées par l'ICOM et le musée Lombroso.