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«Pour moi, la valeur de l'ICOM réside dans l’étendue de son réseau» : Entretien avec le Président de l'ICOM, M. Hans-Martin Hinz

Réalisée par le comité national ICOM Portugal, cette interview de M. Hans-Martin Hinz, Président de l’ICOM, sera publiée en septembre dans la newsletter du comité. Au cours de l’entretien, M. Hinz revient sur sa carrière en tant que professionnel de musée et sur son implication au sein de l'ICOM durant les dernières décennies.

«Pour moi, la valeur de l'ICOM réside dans l’étendue de son réseau» : Entretien avec le Président de l'ICOM, M. Hans-Martin Hinz

© ICOM

«Quand je suis entré au Musée National d'Histoire allemande [il ya 30 ans], au concept très international, il était clair pour moi que l'ICOM était l'organisation idéale pour relier ce nouveau musée au reste du monde, mais aussi une manière pour moi de m’enrichir au contact d’autres collègues de musée. [...] La plus grande valeur de l'ICOM pour moi est son réseau mondial. Les musées ont aujourd’hui des approches très internationales, voire même globales, de leur métier. Dans les expositions, nous n’expliquons pas seulement notre propre histoire et culture, mais aussi le passé des autres. Ainsi, il est utile de savoir comment les professionnels des musées pensent et travaillent dans d'autres parties du monde. Les “fruits” de notre travail, les expositions, deviennent plus authentiques si nous y incluons l’expérience et la connaissance des autres. L’ICOM est le forum idéal pour cela. "

M. Hinz analyse ensuite la réalité muséologique dans une Europe en crise, tout en reconnaissant que dans certaines régions d'Europe, les musées sont "en plein essor": "Il est important que les musées expliquent à leur détenteurs- qui sont, en Europe, majoritairement des acteurs publics-l'importance sociale du travail des musées. Si nous regardons en arrière dans l'histoire, la politique culturelle a souvent réagi aux changements sociétaux et a stimulé le secteur éducatif, musées inclus. Aujourd’hui les musées sont en en concurrence les uns avec les autres, et nous avons besoin de convaincre les politiciens que les investissements dans le secteur culturel, en particulier en temps de crise, ont un effet durable important. [...] La Déclaration de Lisbonne est une étape importante de ce processus. De plus en plus de politiciens et d’organisations sont conscients de cela. "

Hinz lance un appel aux professionnels des musées afin qu’ils soient plus engagés dans la communauté internationale des Musées, sous l’égide de l'ICOM: «Les musées et professionnels de musée doivent réfléchir aux défis de notre époque. Ils peuvent impulser un changement sociétal. Aujourd'hui, ils veulent être acteurs de l’intégration sociale, travailler de manière durable, et cherchent à présenter différents points de vue sur l'histoire et la culture. Dans de nombreux pays, les musées sont des lieux de réconciliation. À mon avis, l'ICOM est une organisation idéale pour soutenir ce développement en offrant en permanence des échanges internationaux. Apprendre sur le travail des autres et raconter ses propres expériences est d'une grande aide pour notre travail quotidien. “

Qu'en est-il l'avenir de l'ICOM? En tant que président de l'ICOM pour deux mandats et après avoir joué différents rôles au sein de l'ICOM, Hinz est très optimiste quant à l'avenir de l'organisation, dirigée par ses membres enthousiastes et dévoués. Il souligne l'importance du Code de déontologie de l’ICOM,  “qui est désigné dans le monde entier comme un ouvrage de référence, publié il y a près de deux décennies, comme la définition du musée. Alors que le monde a évolué depuis, il serait sage pour les membres de discuter de [ces textes] afin de déterminer si ils ont besoin d'une mise à jour ".