Treize pièces archéologiques de la civilisation de la Mésopotamie ancienne, datées de 2350 à 1700 avant notre ère et sorties illégalement du territoire irakien, ont été saisies le 2 octobre 2012 par les enquêteurs de l’OCBC, l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels de la Direction centrale de la police judiciaire française.
Les objets saisis, lors de la cérémonie de restitution le 3 décembre à l’ambassade d’Irak à Paris, et la Liste rouge d’urgence des antiquités irakiennes en péril
Ces objets, deux cônes de construction et des tablettes d’argile portant des caractères cunéiformes, ont été repérés par les enquêteurs de l’OCBC sur un site d’enchères en ligne en raison de leur provenance probable d’Irak. L’importation et le commerce de biens culturels de ce pays sont en effet interdits sur le territoire de l'Union européenne car il existe une forte probabilité qu’ils fassent l’objet de trafic illicite. Ce type de pièces archéologiques figure par ailleurs sur la Liste rouge d’urgence des antiquités irakiennes en péril de l’ICOM.
Le 16 octobre dernier, l’exploitation des photographies de ces objets par un chercheur du Département des antiquités sumériennes du CNRS a permis de confirmer leur authenticité et leur provenance d’une zone de la basse plaine irakienne dont les sites archéologiques ont subi de nombreux pillages ces dix dernières années. Les vendeurs, marchands de météorites, de fossiles et d’objets archéologiques, ont été placées en garde à vue et font l’objet d’investigations visant à trouver d’autres pièces interdites de commerce sur le territoire de l'Union européenne.
Les objets saisis ont été restitués à l’état irakien le 3 décembre 2012, lors d’une cérémonie à l’ambassade d’Irak à Paris en présence de son Excellence l’ambassadeur d’Irak et des représentants de l’OCBC, du ministère de la Culture français et de l’ICOM.
« Ce cas illustre parfaitement la coopération internationale fructueuse en matière de lutte contre le trafic illicite de biens culturels, a précisé Julien Anfruns, Directeur général de l’ICOM. Les Listes rouges de l’ICOM sont diffusées à travers le monde et utilisées comme outil de référence par les professionnels du patrimoine, INTERPOL, l’Organisation mondiale des douanes, et les différents services de police et des douanes du monde, qui s’en servent dans leur travail d’enquête. Les Listes rouges sont utiles non seulement dans l’urgence mais également à plus long terme lorsque les objets apparaissent sur le marché plusieurs années après les pillages, tel qu’en témoigne cette saisie survenue près de dix ans après la publication de la Liste irakienne. »