| Actions
de l'ICOM dans la lutte contre le trafic illicite des
biens culturels |
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L'ICOM
considère la lutte contre le trafic illicite comme
un des objectifs essentiels de son programme d'activités.
Les professionnels de musée réunis au sein
de l'ICOM se sont mobilisés de façon active.
Leurs travaux s'articulent autour de mesures préventives,
comme le respect de la déontologie et la sécurité
des collections, mais aussi autour d'actions concrètes,
notamment la mobilisation des réseaux professionnels
internationaux.
PROMOTION
DE L'ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE
Promouvoir
une déontologie claire, telle est la raison d'être
de l'action de l'ICOM. Les professionnels de musée
doivent être les premiers acteurs de la lutte contre
le trafic illicite en respectant des règles scrupuleuses
à l'égard des objets qui leur sont proposés.
Dès 1971, l'ICOM collaborait avec l'UNESCO
pour publier un premier document sur L'éthique
des acquisitions, mais c'est en 1986 que fut officiellement
approuvé, lors de la XVe Assemblée générale
de l'ICOM, le Code
de déontologie.
Ce Code fixe les règles déontologiques qui
doivent régir les musées et la profession
muséale, en particulier ce qui concerne les acquisitions
et la cession des collections. Il a été largement
révisé et adopté dans sa nouvelle version
par la XXIe Assemblée générale, à
Séoul (République de Corée) en octobre
2004. Il est actuellement traduit en vingt-quatre langues
et est largement diffusé, grâce au réseau
des comités nationaux de l'ICOM.
PROTECTION
DES COLLECTIONS
La
sécurité des collections repose sur une formation
appropriée de l'ensemble des personnels de musée
et sur des inventaires actualisés. A travers son
Comité international pour la formation du personnel
(ICTOP),
l'ICOM a ouvré en faveur d'une professionnalisation
des personnels qui veillent sur le patrimoine et le protègent.
Le Comité international de l'ICOM pour la documentation
(CIDOC)
aide les musées à établir leurs inventaires,
étape indispensable à la sécurité
des collections. C'est également ce Comité
et ses groupes de travail qui élaborent des normes
internationales, le vocabulaire ainsi que la terminologie
adaptés à la gestion, la recherche, l'exposition
et la conservation des objets.
C'est
en s'appuyant sur ces travaux que les musées africains
ont publié en 1996, dans le cadre du programme AFRICOM,
le Manuel
de normes - Documentation des collections africaines
qui représente la première initiative prise
à un niveau continental pour la mise en commun des
ressources culturelles et l'établissement d'une collaboration
internationale.
La
mise en place dans les musées de mesures de sécurité
- qu'elles fassent ou non appel à des technologies
avancées - permet une protection utile contre le
vol. Le Comité international de l'ICOM pour la sécurité
dans les musées (ICMS) se consacre à la publication
de directives internationales de sécurité,
à des missions de formation des personnels d'encadrement.
Au cours de ses réunions annuelles, les mesures préventives
et les systèmes de protection sont analysés
et les expériences partagées.
Dans
de nombreux pays, le patrimoine culturel, dont une grande
partie est encore conservée par les communautés
qui l'ont produit, ne se trouve pas dans les musées
ou leurs réserves. Il convient donc de sensibiliser
les populations à l'importance de ce patrimoine,
gardien de leur identité culturelle. La tâche consistera
donc pour les professionnels à se rapprocher de ces
communautés et à engager une collaboration.
C'est un des thèmes de travail du Comité international
de l'ICOM pour l'éducation et l'action culturelle
(CECA) qui rassemble le personnel de musée
spécialisé dans l'interprétation et
la médiation des ouvres auprès du public.
Enfin,
les Comités nationaux de l'ICOM développent
des programmes au niveau national pour lutter contre le
trafic illicite des biens culturels.
PUBLICATIONS
POUR LA SENSIBILISATION ET LE CONTRÔLE
Afin
d'alerter le grand public comme les professionnels, l'ICOM
a souhaité renforcer cette politique de lutte contre
le trafic illicite en publiant une série d'ouvrages
intitulée Cent objets disparus. Quatre volumes
ont déjà été publiés.
Consacrés successivement au site d'Angkor (Pillage
à Angkor), au patrimoine africain (Pillage
en Afrique), au patrimoine d'Amérique latine
(Pillage en Amérique latine) et au patrimoine
religieux européen (Pillage en Europe), ces
ouvrages ont permis d'identifier et de restituer certaines
des pièces volées ou pillées. Les campagnes
de presse qui ont accompagné la publication de chacun
de ces ouvrages ont contribué à une meilleure
sensibilisation des professionnels et du public à
la protection du patrimoine.
Par ailleurs, l'ICOM publie dans son bulletin trimestriel,
Nouvelles
de l'ICOM, qui est diffusé gratuitement
à ses membres à travers le monde, une rubrique
"Patrimoine en danger".
Depuis
avril 2000, un nouvel outil de sensibilisation est apparu
avec la Liste
rouge de l'ICOM. Modulable et non exhaustive
la Liste rouge a pour but de répertorier des types
d'objets archéologiques ou des oeuvres d'art particulièrement
victimes du pillage et du vol. La première Liste
rouge de l'ICOM est consacrée au patrimoine archéologique
africain et a été élaborée par
des professionnels de musées africains, européens
et Nord-américains. La deuxième Liste rouge
concerne les biens culturels en Amérique latine et
la troisième Liste, intitulé Liste rouge
d'urgence des antiquités irakiennes en péril
a été publiée pour aider les officiers
des douanes à repérer des objets volés
provenant d'Irak. Protégés par des législations,
ils sont interdits d'exportation et ne doivent en aucun
cas être proposés à la vente. Un appel
est donc lancé aux musées, aux marchands et
aux collectionneurs afin qu'ils n'achètent pas ces
objets.
ATELIERS
Depuis
1993, l'ICOM organise également, en collaboration
avec Interpol et l'UNESCO, des ateliers sur le trafic illicite
des biens culturels. Réunissant des professionnels
des musées, de la police et des douanes, ces ateliers
ont pour objectif d'élaborer à un niveau régional
des mesures efficaces pour lutter contre les vols et les
pillages. En Afrique comme en Amérique latine et
récemment en Asie du Sud-est, ces ateliers ont contribué
à la mise en place d'équipes opérationnelles
sur le terrain, directement intéressées à
la protection du patrimoine et ont facilité la coopération
régionale et internationale.
(Tanzanie,1993
; Mali,
1994 ; Ecuador,
1995, Rép.
démocratique du Congo, 1996 ; Tunisie,
1998 ; Vietnam,
2001 ; Colombie, 2002 ; Sri lanka, 2003).
COOPÉRATION
INTERNATIONALE
Le
trafic des biens culturels sévit à un échelon
international. Les musées ne peuvent agir seuls.
C'est pourquoi l'ICOM collabore étroitement avec
les services de police et de douane. L'an 2000 restera une
date importante dans la protection du patrimoine marquée
par les
accords que l'ICOM a signés successivement
avec l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et Interpol.
Cette prise de conscience de la part des organismes internationaux
de contrôle du trafic devrait donner aux musées
de nouveaux appuis pour endiguer ce fléau.
Parallèlement,
l'ICOM, travaillant avec l'UNESCO, s'attache à promouvoir
la Convention
de l'UNESCO de 1970 et la Convention
UNIDROIT de 1995. Ces conventions sont les
seuls outils juridiques internationaux existants pour lutter
contre ces trafics. De nombreux pays importateurs n'ont
pas encore ratifié ces accords : l'ICOM intervient
donc auprès de ses Comités nationaux pour
que les professionnels relayent auprès de leur gouvernement
ses préoccupations et ses demandes.
La
lutte contre le trafic illicite des biens culturels implique
bien plus que les seuls professionnels de musée ;
les forces mobilisées contre les menaces qui pèsent
sur les biens culturels montrent que cette lutte est devenue
l'affaire de tous.
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