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« La liberté nous rassemble »

« La liberté nous rassemble »

 

En août 2017, la devise du 73e anniversaire de l'Insurrection de Varsovie a attiré des milliers de visiteurs de tous âges au musée de l’Insurrection de Varsovie et aux nombreux événements qui commémoraient cet épisode tragique de l'histoire de la ville.

 

Par Katarzyna Kienhuis, service des expositions externes, musée de l’Insurrection de Varsovie

 

Le musée de l’Insurrection de Varsovie est une institution culturelle polonaise dont l'exposition permanente retrace le combat et la vie quotidienne des habitants durant cet événement de 1944 (du 1er août au 2 octobre 1944). Il s'agit d'un moment charnière dans l'histoire de la Pologne moderne, qui représente le point culminant de l'Opération tempête (Burza) de l'Armia Krajowa, un mouvement de résistance polonais. L'insurrection avait pour objectif de libérer le pays, en profitant du recul des troupes nazies, après cinq années d'une occupation particulièrement cruelle, dans le but d’établir une administration polonaise libre et d’empêcher l'URSS de prendre le pouvoir. Durant l'opération, des civils ont apporté une aide non violente aux militaires. L'une des principales batailles de la Seconde Guerre mondiale, l'Insurrection a entraîné la destruction de la capitale polonaise. Varsovie s'est retrouvée rasée ; 150 000 à 180 000 Polonais ont perdu la vie. L'Armée rouge de Staline se tenait alors à quelques kilomètres de là et contemplait la ville en flammes. Cinq longues décennies ont été nécessaires pour reconstruire la capitale, sous l'œil attentif des Soviétiques.

 

Le personnel du musée de l’Insurrection de Varsovie mène des recherches scientifiques et propose des activités éducatives sur le thème du mouvement de résistance polonais. Les archives orales du musée abritent une collection de quelque 4 000 entretiens avec des insurgés et des civils. À côté de l'établissement se trouve le « Parc de la liberté », où un mur portant les noms des 11 000 insurgés tombés lors de la révolte a été érigé. Pourtant, les participants les plus essentiels à la vie du musée restent les survivants, qui apportent des contributions inestimables d'un point de vue éducatif en acceptant de témoigner.

 

Chaque année, début août, le musée devient le pivot du paysage culturel polonais, afin de commémorer l'événement, dans un moment où histoire et souvenirs deviennent le centre du monde de l'art contemporain. Les activités n'étant pas confinées à l'intérieur du musée, l'accessibilité s'en trouve accrue. 

 

Quand Varsovie se fige pendant une minute

 

Le 1er août à 17 heures, ou « heure W », au moment où l'Insurrection a débuté, la ville de Varsovie s'immobilise pendant une minute au son des sirènes de la défense civile. Dans un souci d'ajouter une dimension civique à cette célébration historique, le musée a également lancé un projet impliquant quelque 600 bénévoles et associations de scouts polonaises, parmi lesquelles l'association polonaise des éclaireurs et des guides et l'association de scoutisme de la République. Répartis sur 360 lieux de commémoration dans tout Varsovie, les scouts et bénévoles ont fourni des explications historiques aux passants intéressés. Ces rencontres aléatoires ont permis de créer de nombreuses émotions et souvenirs.

 

Par ailleurs, l'application pour mobile « Mémoire de la ville » proposait aux habitants et visiteurs de suivre un itinéraire qui les menait de site en site à travers plusieurs quartiers de la ville, pour mieux apprendre son histoire. 

 

Quand histoire et art s'entremêlent

 

L'histoire de cette ville coincée entre l'armée de Staline et les troupes d'Hitler, son combat désespéré pendant 63 jours pour la liberté ont inspiré aussi bien acteurs que musiciens.

 

L'adaptation au théâtre du Dziennik czeczeński Poliny Żerebcowej (Journal tchétchène de Polina Zherebtsova) a été écrite par Polina Zherebtsova afin d'être jouée en août 2017 au musée de l’Insurrection de Varsovie. Tout comme dans ses pièces précédentes (non traduites), « Le journal de Polina Zherebtsova : Tchétchénie 1999-2002 » (2011) et « Fourmi dans un bocal de verre » (2014), elle évoque son enfance et son adolescence dans l'enfer du quotidien à Grozny, pendant les deux guerres tchétchènes, et dépeint le comportement de l'humanité dans les situations les plus inhumaines. Ce monologue en intérieur, interprété par le célèbre comédien polonais Andrzej Seweryn et dirigé par Ivan Vyrypaev, a été conçu comme une expérience intime et individuelle.

 

Le musée a également organisé un grand concert en extérieur, intitulé Jestem przestrzeń (Je suis l'espace), dans le Parc de la liberté. Les poèmes d'Anna Świrszczyńska, une ancienne insurgée, ont inspiré les paroles des 12 chansons interprétées par la jeune chanteuse de jazz polonaise, Monika Borzym. Anna Świrszczyńska était véritablement la voix de sa génération, marquée par les horreurs de la guerre. Pourtant, ses textes ont un écho humain universel.

 

Hors des murs des musées

 

Aux activités quotidiennes d'exposition du musée de l’Insurrection de Varsovie s’ajoutent des productions audiovisuelles impressionnantes. Réalisé par le musée en 2014, L’Insurrection de Varsovie, le premier documentaire au monde uniquement composé d'images d'origine, a largement été acclamé en Pologne et à l'étranger. Ville en ruines (2010), la toute première recréation en 3D stéréoscopique d'une ville détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, a intégré l'exposition du musée. Elle figure dans les lieux à voir absolument à Varsovie.

 

L’établissement a également réalisé deux courtes vidéos en 2017, en collaboration avec l'école de cinéma de Varsovie. Elles ont été diffusées sur YouTube, peu avant le 73e anniversaire de l'Insurrection (en polonais) :

 

https://www.youtube.com/watch?v=nf1b7NQ89Kk (« Vie en immeuble »)

 

https://www.youtube.com/watch?v=eS0JurPr95s (« Hôpital »)

 

Coopération internationale

 

Le musée de l’Insurrection de Varsovie est un membre actif du Comité international de l'ICOM pour les musées d'armes et d'histoire militaire (ICOMAM) et de la plateforme de la mémoire et de la conscience européennes (Platform of European Memory and Conscience). Il est aussi partenaire du programme européen pour l'éducation Erasmus+.

 

L'exposition itinérante du musée, Insurrection de Varsovie 1944 (voir l'ICOMAM Magazine du 17 mai 2017, pp. 10-12) est sur les routes depuis 2014, et a notamment été accueillie à Berlin, Munich, Heidelberg et Peenemünde, en Allemagne. Le film L’Insurrection de Varsovie a été présenté au Festival international du film de Prague (République tchèque), au Festival du Film d'Europe Centrale et Orientale CinEast (Luxembourg) et au festival du film de Claremont (Californie, États-Unis). Le musée participe également à l'organisation de diffusions dans le monde entier sur demande.

 

L'histoire de l'Insurrection de Varsovie doit être racontée, partagée et retenue. Le musée de l’Insurrection de Varsovie invite les visiteurs de tous milieux et parlant toutes les langues à en apprendre plus sur ce moment clé de l'histoire moderne de la capitale polonaise pour mieux le commémorer.

 

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Pour plus d'informations :

 

Le site web du musée de l’Insurrection de Varsovie : http://www.1944.pl/en  

 

Un complément interactif à l'exposition Insurrection de Varsovie 1944 : http://www.warsawrising.eu/

 

Pour contacter Katarzyna Kienhuis : kkienhuis@1944.pl