Code de déontologie de l’ICOM pour les musées

La déontologie et la conduite exemplaire des professionnels des musées sont des valeurs fondamentales pour l’ICOM.

Téléchargez le PDF

Le Code de déontologie de l’ICOM pour les musées, adopté en 1986 et révisé en 2004 établit les valeurs et principes communs à l’ICOM et à la communauté muséale mondiale. Outil de référence, traduit en 38 langues, il fixe les normes minimales de pratiques et de performance professionnelles pour les musées et leur personnel.

En adhérant à l’ICOM, chaque membre s’engage à respecter ce Code.

3. Les musées détiennent des témoignages de premier ordre pour constituer et approfondir la connaissance.

Principe : les musées ont des obligations particulières vis-à-vis de la société quant à la protection et aux possibilités d’accès et d’interprétation des témoignages de premier ordre qu’ils détiennent dans leurs collections.



TÉMOIGNAGES DE PREMIER ORDRE

3.1 Les collections comme témoignages de premier ordre
La politique des collections appliquée par le musée doit clairement souligner leur importance en tant que témoignages de premier ordre. Elle doit aussi s’assurer que cette démarche n’est pas uniquement dictée par les tendances intellectuelles du moment ou par des habitudes du musée.

3.2 Disponibilité des collections
Les musées ont l’obligation spécifique de rendre les collections et toutes les informations associées aussi librement accessibles que possible, dans des limites liées aux normes de confidentialité et de sécurité.



COLLECTE ET RECHERCHES DANS LES MUSÉES

3.3. Collecte sur le terrain
Si un musée veut entreprendre des collectes sur le terrain, il doit avoir une politique conforme aux normes scientifiques, ainsi qu’aux obligations législatives nationales et internationales. Les collectes de terrain se feront toujours avec respect et considération pour les points de vue des communautés locales, de leurs ressources environnementales et de leurs pratiques culturelles, ainsi qu’en tenant compte des efforts déployés pour mettre en valeur le patrimoine culturel et naturel.


3.4. Collecte exceptionnelle des témoignages de premier ordre
Dans des cas exceptionnels, il se peut qu’un objet sans provenance attestée représente en soi un tel enrichissement des connaissances qu’il devient de l’intérêt public de le préserver. L’acceptation d’un tel objet dans la collection d’un musée doit dépendre de la décision de spécialistes du domaine, sans parti pris national ou international. (voir aussi la section 2.11).


3.5 Recherches
Les recherches menées par le personnel des musées doivent être en rapport avec les missions et les objectifs du musée, et observer les pratiques juridiques, déontologiques et scientifiques établies.

3.6 Analyse destructive
Lorsqu’un musée recourt à des techniques analytiques destructives, le résultat de l’analyse et des recherches qui s’ensuivent, y compris les publications, doit figurer dans le dossier de documentation permanent de l’objet.


3.7. Restes humains et objets sacrés

Les recherches sur des restes humains et sur des objets sacrés doivent s’effectuer selon les normes professionnelles dans le respect des intérêts et des croyances de la communauté, du groupe ethnique ou religieux d’origine. (voir aussi les sections 2.5 et 4.3).


3.8. Détention des droits sur les objets étudiés
Lorsque le personnel d’un musée prépare des objets en vue de leur présentation ou pour documenter une enquête de terrain, il doit être établi un accord clair avec le musée responsable, sur tous les droits relatifs aux travaux réalisés.


3.9. Partage des compétences

Les membres de la profession muséale sont tenus de faire part de leurs connaissances et de leur expérience à leurs collègues, aux chercheurs et aux étudiants des domaines concernés. Ils doivent respecter et faire référence à ceux dont ils tirent leur savoir et transmettre les avancées techniques et l’expérience pouvant profiter à d’autres.


3.10. Coopération entre musées et avec d'autres institutions
Le personnel muséal doit reconnaître et contribuer à la nécessaire coopération et concertation entre institutions partageant les mêmes intérêts et pratiques de collecte. Cela vaut en particulier pour les institutions universitaires et pour certains services publics, où la recherche peut produire d’importantes collections ne bénéficiant pas de sécurité sur le long terme.