| Résolutions
de l'ICOM adoptées lors de l'Assemblée
générale, 1947
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Résolutions
du Conseil International des Musées (ICOM), 1947
Première
Conférence intérimaire de l'ICOM
Mexico,
8 novembre 1947 (Original
anglais)
Résolution
n. 1
Prend
la résolution de demander au comité ad
hoc du Conseil International des Musées, nommé
pour étudier les recommandations préparées
par le Secrétariat pour soumission au Groupe de Travail
sur les musées de la deuxième Session de la
Conférence Générale de l'UNESCO (contenues
dans les documents 2C/25, 2C/26, 2C/27 et 2C/28) de suggérer
respectueusement, au cas où il serait consulté,
que ces recommandations soient approuvées en principe
par ce Groupe de Travail sous réserve qu'en ce qui
les concerne les priorités soient établies dans
l'ordre suivant :
(1)
échange d'information;
(2) échange de personnel;
(3) échange de matériel;
étant
entendu que les problèmes de reconstruction de musée
ont la priorité générale dans tous
les cas.
Résolution
n. 2
Prend
la résolution de considérer qu'il est de
première importance que l'UNESCO mette à la
disposition de la Section des Musées un personnel professionnel
qualifié pour permettre à cette Section de résoudre
les nombreux problèmes à traiter et, au cas
où le Conseil International des Musées serait
invité à assumer des responsabilités
en ce qui concerne la réalisation de ce programme ou
d'une partie de celui-ci, que ce Conseil doit recevoir une
ou des subventions de l'UNESCO, suffisantes pour lui permettre
d'utiliser un personnel compétent et hautement qualifié
professionnellement afin qu'il puisse se charger de toutes
responsabilités qui pourraient lui être confiées.
L'ICOM d'autre part souhaite assurer le Groupe de Travail
sur les Musées et le personnel de l'UNESCO qu'il souhaite
contribuer de toutes les manières possibles, dans le
cadre de ses possibilités de coopération, au
succès du programme muséologique de l'UNESCO.
Résolution
n. 3
Prend
la résolution d'apporter le ferme soutien de l'ICOM
au projet de publication du périodique mentionné
dans le lettre du Chef de la Section des Musées de
l'UNESCO au Président de l'ICOM en date du 31 octobre
1947, pourvu que la subvention mentionnée dans cette
lettre soit accordée pour un minimum de cinq ans et
suffisante pour permettre que la publication de ce périodique
soit d'un niveau satisfaisant pour l'UNESCO et pour l'ICOM.
Resolution
n. 4
Prend
la résolution d'encourager l'échange international
d'objets conformément aux principes suivants :
1.
nous pensons qu'il est de la plus grande importance pour
chaque nation que la connaissance des cultures des divers
pays, qui font partie d'un monde unique, puisse être
plus largement répandue;
2.
par ce moyen, la compréhension mutuelle sera établie
plus largement pour que, grâce à l'échange
de la connaissance culturelle, il y ait une base commune
pour la paix;
3.
nous pensons que dans les grands musées des divers
pays du monde, il doit y avoir une représentation
adéquate et significative des cultures de l'humanité;
4.
nous pensons que chaque pays, grâce à ses musées,
doit faciliter et mettre en oeuvre par tous les moyens possibles
cet échange;
5.
nous pensons qu'il existe divers moyens d'atteindre ce but
:
a.
prêts permanents,
b.
prêts temporaires,
c.
échanges de collections,
d.
acquisition, par des moyens légaux et si possible
sous contrôle scientifique;
6.
nous nous déclarons fermement opposés aux
fouilles illégales et à l'exportation sans
autorisation de l'Etat d'objets considérés
comme de première importance et présentant
un intérêt spécifique et unique sur
le plan national;
7.
nous pensons que les expéditions scientifiques doivent
être autorisées, sous contrôle approprié,
et que cette autorisation doit être donnée
dans l'idée qu'il y aura une distribution aussi généreuse
que possible du matériel découvert sous le
contrôle légal de chaque nation;
8.
aux pays qui sont particulièrement désireux
d'obtenir des reproductions ou des copies d'objets significatifs,
y compris de documents scientifiques ou objets de valeur
historique, nous pensons que toute facilité doit
être donnée pour faire cet échange ou
cette acquisition;
9.
nous pensons qu'étant donné les difficultés
d'un échange financier, il doit être possible
d'effectuer cet échange par des moyens internationaux;
10.
nous pensons que la plus haute priorité doit être
donnée à l'aide et aux échanges pour
les pays qui ont été dévastés
par la guerre et pour les pays qui jusqu'à présent
n'ont pas eu la possibilité de compléter leurs
collections universelles.
Résolution
n. 5
Prend
la résolution d'affirmer que les objets archéologiques,
artistiques et scientifiques classés à juste
titre comme "uniques" doivent être reproduits sous une
forme quelconque et mis à l'abri pour les raisons suivantes
:
La
guerre a démontré que les richesses qui constituent
le patrimoine commun de l'humanité sont exposées
à la destruction. Mais il n'y a pas que la guerre
qui les menace aussi gravement.
Le
feu (par exemple la destruction de la Bibliothèque
de Lima), les tremblements de terre, les catastrophes de
toutes sortes peuvent, demain, anéantir des trésors
uniques dont nous sommes tous responsables devant la postérité.
Chaque
objet unique (livres, objets scientifiques, oeuvres d'art,
archives) doit être reproduit par photographie, moulage,
microfilm, réimpression, copie ou autre moyen approprié,
et diffusé à travers le monde afin de s'assurer
que, si l'original disparaît, les hommes de demain
ne seront pas privés d'un document irremplaçable.
Si
l'on avait pas eu le moulage du sinanthrope ou squelette
de Pékin, ce document, essentiel pour l'histoire
de l'origine de l'homme, serait actuellement perdu. Préserver
de tels documents est notre but essentiel et l'UNESCO doit
trouver les moyens de reproduire ces objets uniques, soit
en agissant directement, soit en agissant indirectement
dans les pays en possession de trésors indispensables
à la culture générale.
Résolution
n. 6
(soumise
par M. Mc Curry au nom de la Galerie Nationale du Canada)
Considérant
que les expositions dans les musées publics sont
parmi les moyens les plus efficaces d'éducation fondamentale
et d'éducation à la compréhension internationale
et agissent à tous les niveaux d'âge et à
tous les stades du développement mental,
Considérant
que les NU ont spécifiquement demandé à
l'UNESCO d'aider par tous les moyens appropriés à
faire connaître plus largement les objectifs des NU
et de l'UNESCO,
Considérant
que l'impact de la présentation visuelle est le plus
immédiat et le plus durable,
Considérant
que ce projet peut être immédiatement réalisé
grâce aux moyens existants expérimentés
et à un coût minimum,
Prend
la résolution de demander à l'UNESCO de
stimuler le parrainage et l'organisation, grâce aux
possibilités de l'ICOM, d'une série d'expositions
appropriées comprenant le matériel de musée
de toutes les catégories souhaitables et qui incluera
le matériel visuel adapté à tous les
âges, en particulier dans les pays jusqu'ici défavorisés
dans ce domaine.
Résolution
n. 7
(présentée
par M. Marius Barbeau, Canada)
Prend
la résolution de demander à l'UNESCO d'étudier
le projet ci-après proposé par le Canada :
rechercher les moyens d'établir des archives internationales
pour la voix, y compris les chants, danses et mélodies
rituelles indigènes, la linguistique et la phonétique
dont ont besoin depuis de nombreuses années les chercheurs
et artistes (cette proposition est soutenue par les institutions
scientifiques suivantes : Musée National du Canada,
International Folk Music Council (Londres), American Folklore
Society (New York), les Archives du Folklore (Québec).
Résolution
n. 8
(soumise
par le Comité pour la formation du personnel de musée)
Constatant
que les membres de l'ICOM, ayant discuté l'ensemble
des problèmes concernant la formation du personnel
de musée en vue de définir la tâche
à entreprendre par le Comité international
créé à cet effet, considèrent
qu'elle est d'une importance capitale;
Prend
la résolution de composer ce Comité de
représentants de divers pays, qui devront tenir la
Section des Musées de l'UNESCO informée de
leurs travaux et présenter leur premier rapport à
la Conférence Générale de l'ICOM de
1948.
(L'ICOM
serait heureux que la Section des Musées de l'UNESCO
tienne compte des travaux de ce Comité et prenne
en considération les activités qu'il souhaite
entreprendre dans le même domaine.)
Résolution
n. 9
(soumise
par M. Gysin et transmise au Comité Exécutif
pour étude complémentaire)
a.
La première, formulée par la Section des musées
d'enfants de l'ICOM, concerne l'organisation de réunions
de cette section, les expositions qu'elle planifie, son
budget et plusieurs questions qui s'y rapportent.
b.
La deuxième, un important document présenté
par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire de
la Délégation mexicaine auprès de l'UNESCO,
n'émane pas de l'ICOM mais mérite une étude
approfondie du Comité Exécutif.
Résolution
n. 10
(présentée
par le Dr. Paul Rivet)
Prend
la résolution de suggérer à l'UNESCO
de contribuer par tous les moyens à sa disposition
- presse, conférences, émissions de radio,
etc. - à la création dans le monde d'institutions
publiques consacrées aux sciences de la vie, pour
étendre la culture scientifique et faire connaître
l'importance de la recherche et des découvertes scientifiques
et de leurs résultats sur le développement
humain.
Résolution
n. 11
(présentée
par le Dr. Shaw)
Il
est urgent que les musées techniques de toutes catégories
s'inspirent des nouvelles méthodes muséographiques
afin de donner vie à des collections qui sont souvent
d'une richesse incomparable mais ne sont pas exposées
comme elles le méritent.
Résolution
n. 12
(présentée
par M. Locher)
Prend
la résolution de demander au Secrétariat
de l'UNESCO de publier, lorsque cela sera possible un livre
sur les besoins des musées et galeries d'art dans
les pays dévastés par la guerre, rédigé
d'après les études effectuées sur place
par un groupe d'experts.
Résolution
n. 13
(présentée
par National Parks and other Nature Reserves)
Prend
la résolution de demander au Comité Exécutif
de l'ICOM de presser par tous les moyens appropriés
la Conférence Générale de l'UNESCO,
actuellement réunie en session, de prendre des mesures
positives en ce qui concerne les deux propositions suivantes
qu'ils sont en train d'inclure dans "le programme de l'UNESCO
pour 1948" et qui sont d'une importance primordiale pour
ce Comité de l'ICOM :
1.
inciter les Etats-membres à une enquête sur
les politiques et programmes nationaux régissant
les parcs nationaux, les réserves naturelles, et
en général la conservation de la nature sauvage
et la beauté des paysages, en collectant des informations
sur les expériences réussies, en vue d'un
rapport à soumettre à une future Conférence
Générale.
2.
parrainer une conférence internationale technique
sur la protection de la nature, pour émettre des
recommandations qu'une Conférence Générale
ultérieure soumettrait aux Etats-membres, visant
à établir une législation protectrice,
des conventions sur la faune, des accords internationaux
sur les espèces migratoires etc.
(Il
est entendu que ces propositions sont conformes à
la demande de la Conférence Internationale sur la
Protection de la Nature, tenue à Brunnen en juillet
1947 sous les auspices de la Ligue Suisse pour la Protection
de la Nature, et à laquelle 24 pays étaient
représentés).
Résolution
n. 14
Prend
la résolution d'exprimer les plus chaleureux remerciements
du Conseil International des Musées au Comité
Mexicain pour la Coopération Internationale parmi les
Musées pour la généreuse hospitalité
dont les membres du Conseil ont joui durant leur séjour
à Mexico; et en outre
Prend
la résolution de prier le Conseil de demander
respectueusement au Comité Mexicain de tranmettre
la gratitude de ses membres au gouvernement et aux Mexicains
qui leur ont accordé le privilège de tenir
leur conférence dans ce pays d'une grande splendeur
artistique passée et présente, au milieu d'un
peuple dont l'intelligence pénétrante et la
sympathie sans faille ont pour toujours enrichi nos mémoires
et nos coeurs.
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