| Résolutions
de l'ICOM adoptées lors de l'Assemblée
générale, 1995
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Résolutions
du Conseil International des Musées (ICOM), 1995
18ème
Assemblée Générale de l'ICOM
Stavanger,
Norvège, 7 juillet 1995
Résolutions et Recommandations adoptées par
la Conférence
Résolution
n. 1: Musées et communautés
Considérant
que les musées constituent des outils essentiels au
développement individuel et collectif de l'esprit critique,
de la prise de conscience de soi-même, du sentiment
de citoyenneté et d'identité communautaire,
Notant
que partout dans le monde, certains musées locaux
qui mènent des activités novatrices axées
sur des aspects de la vie quotidienne des communautés
et qui essaient de dépasser le cadre traditionnel
des expositions sont exposés à des menaces
de fermeture et à un manque de soutien de la part
de leurs conseils d'administration,
Convaincue
de la nécessité d'une planification stratégique
à long terme de programmes et d'actions s'appuyant
sur les contextes culturels, sociaux, technologiques, économiques
locaux qui peuvent contribuer à la promotion des
musées et de la muséologie dans les différentes
régions du monde,
La
18e Assemblée générale de l'ICOM, réunie
à Stavanger, Norvège, le 7 juillet 1995,
Demande
instamment aux gouvernements locaux et nationaux de
reconnaître et de soutenir les musées en tant
qu'instruments culturels au service des communautés,
qui servent à valoriser leur identité et qui
constituent des outils uniques pour la gestion collective
de leur patrimoine culturel,
Recommande
que dans l'aménagement des bâtiments et sites
idustriels comme espaces muséaux il soit particulièrement
pris soin de préserver tous les témoignages
matériels et textuels concernant les personnes, les
événements et les activités associées
à ce patrimoine, afin de reconnaître les luttes,
les réalisations et tous les progrès représentés
dans ces documents en trois dimensions,
Encourage
la mise en place d'un processus de planification stratégique
en vue de l'application des programmes et projets des Comités
nationaux et des Organisations régionales de l'ICOM,
qui tiendra compte des ressources, possibilités,
lacunes et besoins de leur champ d'activités dans
les domaines humains, techniques, économiques et
en matière de communication, afin de parvenir à
une action concertée favorisant les musées,
la muséologie et les communautés qu'ils desservent.
Résolution
n. 2: Protection du patrimoine culturel pendant un
conflit armé
Notant
la résolution n 9 de la 9e Assemblée générale,
tenue à Münich, R.F.A., en 1968, où l'ICOM
s'inquiétait des dangers que font courir au patrimoine
culturel de divers pays les conflits armés,
Rappelant
la résolution n 2 de la 17e Assemblée générale
réunie à Québec, Canada, qui a notamment
reconnu que la destruction du patrimoine culturel et naturel
due aux hostilités exigeait une attention immédiate
et a proposé que l'ICOM offre un appui matériel
et moral aux Comités nationaux et à la profession
muséale touchés par ces catastrophes en instituant
un plan d'urgence avec l'aide d'organisations compétentes,
Rappelant
que l'ICOMOS a proposé la mise en place de l'organisation
du Bouclier bleu dans le but de fournir une telle assistance
en cas d'urgence et que l'ICOM a appuyé cette mesure
et dispose de membres capables d'apporter leur concours
à la sauvegarde des collections et des musées,
Notant
que la destruction systématique et délibérée
de larges pans du patrimoine culturel se poursuit lors de
guerres et conflits armés dans un certain nombre
de pays,
Considérant
que quels que soient les objectifs militaires des parties
en présence, ces parties ont le devoir de tout faire
pour éviter que ne soient endommagés les musées
et leurs collections, ainsi que les monuments historiques,
les parcs et autres sites qui représentent le patrimoine
des générations à venir,
La
18e Assemblée générale de l'ICOM, réunie
à Stavanger, Norvège, le 7 juillet 1995,
Condamne
avec force la destruction délibérée
du patrimoine culturel au cours d'un conflit armé,
S'inquiète
de l'état du musée national de Sarajevo et
de ses collections et exprime sa solidarité envers
les collègues qui continuent leur travail dans des
conditions dangereuses, afin de protéger ce qui reste
de leurs collections (notamment des pièces irremplaçables
de très grande valeur scientifique) pour les générations
à venir,
Prie
instamment les gouvernements, les organismes internationaux
et les personnalités intéressées de
fournir un appui moral, pratique et financier à tous
les musées qui risquent de se faire détruire
ou endommager lors de conflits armés,
Suggère
qu'une action concrète soit prise par la communauté
muséale pour venir en aide aux musées en détresse
tel que le musée national de Sarajevo, par exemple
l'envoi de fonds recueillis lors de la Journée internationale
des musées,
Demande
à la Secrétaire générale de
mettre en place une mission qui étudierait la situation
des musées et des professionnels de musée
au Libéria, au Burundi et au Rwanda, et
Prie
instamment l'ICOM de prendre toutes les mesures qu'il
jugera adéquates et applicables à la lumière
des résultats de la mission citée au paragraphe
précédent.
Résolution
n. 3: Conventions régissant la sécurité
physique et juridique du patrimoine culturel
Rappelant
la résolution n 5 sur le Retour des biens culturels
à leur pays d'origine et la résolution
n
8 sur le Patrimoine culturel dans les pays occupés,
adoptées par la 14e Assemblée générale
de l'ICOM réunie à Londres, Royaume-Uni, en
1983,
Vivement
préoccupée par les dégâts
que subit encore aujourd'hui le patrimoine mondial, ainsi
que le patrimoine local, régional et national à
cause du trafic illicite des biens culturels,
Consciente
de la nécessité essentielle de protéger
le patrimoine culturel et de favoriser les échanges
culturels pour permettre une meilleure entente entre les
peuples,
Notant
:
1.
l'insuffisance des législations nationales et internationales
régissant les demandes de retour et de restitution
des biens culturels volés ou exportés illégalement,
qui empêche que soit protégé le patrimoine
culturel mondial et que se fassent normalement les échanges
légitimes de biens culturels, d'art et d'antiquités,
2.
que, depuis de nombreuses années, les organes internationaux
compétents tels que l'UNESCO, l'ICOM, l'ICOMOS, l'ICCROM
et l'Institut international pour l'unification du droit
privé (Unidroit) s'efforcent de trouver des moyens
juridiques plus efficaces, pour clarifier les législations
nationales et internationales en matière de demandes
de restitution d'objets volés ou illicitement exportés
qui ont une grande valeur culturelle,
3.
qu'une Conférence diplomatique s'est tenue à
Rome du 7 au 24 juin 1995 dans le but d'adopter un projet
de Convention Unidroit traitant de ces questions,
4.
que les conflits armés qui ont eu lieu récemment
ont démontré les limites de l'acceptation
et de l'application de la Convention sur la protection
des biens culturels en cas de conflit armé, La
Haye, 1954,
La
18e Assemblée générale de l'ICOM, réunie
à Stavanger, Norvège, le 7 juillet 1995,
Se
félicite de la décision prise par les
70 Etats présents à la Conférence diplomatique
Unidroit de Rome, Italie, d'adopter le 24 juin 1995, la
Convention Unidroit sur le retour international des objets
culturels volés ou exportés illégalement,
Préconise
la mise en place de programmes éducatifs dans les
musées pour sensibiliser l'opinion publique aux problèmes
que crée le trafic illicite,
Suggère
que les organisations régionales au sein de l'ICOM
encouragent les Comités nationaux de leur région
à choisir le 22 novembre comme Journée internationale
pour lutter contre le trafic illicite,
Prie
instamment tous les gouvernements de signer et ratifier
la Convention de l'UNESCO de 1970 concernant les mesures
à prendre pour interdire et empêcher l'importation,
l'exportation et le transfert de propriété
illicites des biens culturels, ainsi que la nouvelle
Convention Unidroit, dans les meilleurs délais, et
de mettre en place au plan national, les structures juridiques
et administratives indispensables à l'application
pratique des dispositions importantes de ces instruments
juridiques,
Propose
le concours plein et entier de l'ICOM dans le travail d'identification
et de mise à disposition d'experts pour la mise en
uvre de la Convention Unidroit,
Demande
à l'ICOM de rechercher les moyens de préserver
les droits des musées de contrôler la reproduction
des objets de leur collection.
Résolution
n. 4: Formation muséale et sensibilisation
planétaire
Considérant
qu'il est urgent d'accorder une plus grande attention à
la préservation de l'environnement et que certaines
idées et croyances sont essentielles à l'existence
de l'homme et aux relations entre les hommes, leur environnement
et leur nature universelle,
La
18e Assemblée générale de l'ICOM tenue
à Stavanger, Norvège, le 7 juillet 1995,
Encourage
tous les responsables de la formation à reconnaître
que la formation muséale ne devrait pas se limiter
au patrimoine culturel et naturel et à une sensibilisation
à l'environnement mais établir comme une responsabilité
déontologique, la nécessité d'équilibrer
la survie de l'humanité avec les ressources planétaires.
Rappelle
à tous les responsables de la formation que la formation
muséale ne doit pas se limiter à des cours
didactiques mais qu'ils y a lieu de reconnaître l'importance
du caractère universel de la communauté muséale
en s'efforçant de promouvoir un dialogue et des échanges
réels d'idées, de théories et de pratiques,
grâce à tous les moyens de communications disponibles,
Prie
instamment l'ICOM de recommander que tous les gouvernements
instituent un organe au plus haut niveau où les théories
et la pratique de la protection et de la sauvegarde du patrimoine
humain et environnemental soient menées de façon
conjointe afin d'éduquer, informer et éclairer,
Prie
instamment l'UNESCO de prendre des mesures afin de soutenir
et d'appuyer les centres régionaux de formation de
Jos, Nigéria, et Niamey, Niger, conformément
aux Recommandations prises par l'atelier de Lomé,
Togo, lors de la réunion "Quels musées pour
l' Afrique ? Patrimoine en devenir", tenue en novembre 1991.
Résolution
n. 5: Développements dans les technologies
de l'information
Rappelant
la résolution n 4 sur la documentation et l'information
adoptée par la 16e Assemblée générale
de l'ICOM, réunie à La Haye, Pays-Bas, en 1989,
Considérant
l'importance du renforcement des politiques et de la coopération
internationale au sein de l'ICOM et d'accroître la
solidarité mondiale entre tous les musées
et leurs professionnels,
Notant
les progrès récents, ainsi que la diminution
des coûts des nouvelles technologies des communications
et de l'information, y compris de l'Internet et l'avènement
prochain des "autoroutes de l'information",
Rappelant,
en y souscrivant, les déclarations de la Résolution
de Tokyo de 1994 concernant l'Alliance stratégique
des organisations internationales non-gouvernementales dans
le domaine de l'information afin de mieux servir la communauté
internationale, déclarations en vertu desquelles
toute personne doit avoir un accès permanent et libre
de toute contrainte à l'information, encore qu'il
faille protéger les droits de chacun et assurer des
bénéfices appropriés aux fournisseurs
de l'information, et étant donné le très
grave problème que pose l'écart croissant
en matière d'information entre les différents
pays et leurs habitants, surtout en raison de leur situation
économique,
Considérant
le très grand potentiel qu'offrent les nouvelles
technologies de l'information pour de très nombreux
aspects du travail des musées,
Notant
les très récents développements au
sein de l'ICOM grâce aux initiatives du Conseil exécutif,
du CIDOC de l'ICOM et de la Secrétaire générale,
ainsi qu'à la généreuse coopération
de certains des membres institutionnels de l'ICOM et de
l'UNESCO, en particulier dans la mise en place des services
Internet de l'ICOM, tels que le courrier électronique
et le service d'information en ligne World Wide Web,
La
18e Assemblée générale de l'ICOM, réunie
à Stavanger, Norvège, le 7 juillet 1995,
Se
félicite des initiatives récemment prises
par l'ICOM au sujet des nouvelles technologies de l'information,
y compris la signature de la Résolution de Tokyo,
sa participation à l'Alliance stratégique
des organisations internationales non-gouvernementales dans
le domaine de l'information, et la mise en place d'une
présence effective de l'ICOM sur l'Internet,
Engage
l'ICOM à poursuivre et développer sa coopération
avec les autres ONG de l'Alliance de Tokyo dans tous les
domaines intéressant directement les musées
et l'ICOM, en s'associant en particulier aux initiatives
conjointes techniques et professionnelles de l'Alliance
et également à adhérer aux mesures
prises par des organismes inter-gouvernementaux notamment
les Nations Unies, l'UNESCO, le G7 pour défendre
les principes de la Résolution de Tokyo et
en particulier l'accès de tous et la protection des
droits légitimes de propriété intellectuelle
des musées,
Recommande
à tous les Comités nationaux et internationaux,
ainsi qu'aux musées membres d'envisager de façon
prioritaire l'utilisation des multiples possibilités
de l'Internet, si elles sont disponibles,
Recommande
au Conseil exécutif et à la Secrétaire
générale de prendre toutes les initiatives
possibles, de concert avec les autres organes compétents
au sein de l'ICOM (le CIDOC en particulier) et en-dehors
(UNESCO, musées et les parties à l'Alliance
stratégique de la Résolution de Tokyo) au
fur et à mesure des progrès de la technologie.
Résolution
n. 6: Essais nucléaires
Rappelant
la résolution n 5 adoptée par la 10e Assemblée
générale tenue à Grenoble, France, en
1971, sur les musées et l'environnement, qui constatait
déjà que la pollution de l'air, du sol et de
l'eau, ainsi que la dégradation de l'environnement
visuel et physique se poursuivent à un rythme accéléré
et que les musées se doivent de préserver l'environnement
naturel et culturel,
Notant
que certains États ont récemment repris ou
déclaré leur intention de reprendre des essais
de leur armement nucléaire, notamment dans l'atoll
de Mururoa ou ailleurs dans la région Asie-Pacifique,
Constatant
la destruction causée à l'environnement et
au tissu culturel et social par de tels essais, ainsi que
leurs conséquences néfastes pour la biodiversité
et les communautés culturelles que défendent
les musées,
Tenant
compte de ce que dans le monde entier les populations
se sont élevées contre toute reprise des essais
nucléaires,
La
18e Assemblée générale de l'ICOM, réunie
à Stavanger, Norvège, le 7 juillet 1995,
Condamne
toute reprise d'essais d'armement nucléaire,
Demande
au Président de l'ICOM de faire connaître aux
gouvernements concernés l'opposition de l'ICOM à
toute reprise de ces essais, et
Prie
instamment les gouvernements d'uvrer pour la mise au
point d'un traité universel qui interdirait à
jamais les essais nucléaires.
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