Le 26 février, ICOM Conservation, en collaboration avec ICOM Myanmar, a organisé une table ronde hybride afin de faire le point sur les graves dégâts causés par le séisme de mars 2025.
Cette table ronde a bénéficié du soutien logistique et technique du Département de la protection du patrimoine de l’ICOM. Organisée au Musée national (Nay Pyi Taw), lui-même fortement touché par le séisme, la session a réuni des spécialistes internationaux de la conservation afin de soutenir leurs collègues qui s’efforcent de stabiliser et de restaurer les bâtiments et les collections endommagés.
Les discours d’ouverture ont été prononcés par Oo Lwin Kyaw, président d’ICOM Myanmar, et par Sophie Delepierre, responsable du Département de la protection du patrimoine de l’ICOM. Aye Aye Thinn, directrice du Musée national et secrétaire d’ICOM Myanmar, a présenté un aperçu de l’impact du séisme, qui a causé des dommages à des objets réalisés dans divers matériaux tels que le grès, le marbre, la faïence et le bois. Le séisme a également eu de graves répercussions sur plusieurs bâtiments. L’événement était animé par Kate Seymour (présidente d’ICOM Conservation) et Polytimi Loukopoulou (groupe de travail Verre et céramique d’ICOM Conservation).
À la suite du séisme, l’un des plus meurtriers de l’histoire du Myanmar, le Département de la protection du patrimoine a rapidement pris contact avec l’ICOM Myanmar afin d’évaluer les besoins des musées et de leurs professionnels. En réponse à la demande de conseils de la part d’experts en conservation, l’ICOM Conservation a proposé cette initiative collaborative visant à soutenir les efforts de reconstruction menés par les professionnels des musées et les conservateurs au Myanmar, selon un calendrier convenu par tous les partenaires à l’issue d’une évaluation des besoins.
Présentations d’experts
En amont de l’événement en direct, trois experts ont fourni des présentations préenregistrées détaillées, qui ont été mises à la disposition des participants inscrits à l’avance. Ces mêmes experts ont ensuite présenté un résumé de leurs exposés lors de l’événement en direct.
Johanna Theile, professeure à l’Université du Chili et ancienne vice-présidente et membre du conseil d’administration d’ICOM Conservation, s’est appuyée sur la longue histoire sismique du Chili pour définir un cadre stratégique de protection du patrimoine culturel. Elle a souligné que, les tremblements de terre étant imprévisibles, les protocoles de préparation doivent être régulièrement mis à jour et s’inscrire dans le travail quotidien des musées.
Maria Papadimitriou, conservatrice en chef spécialisée en conservation préventive et archéologique (titulaire d’un master), membre de l’FIIC et consultante indépendante en patrimoine culturel, a présenté un processus structuré en trois phases destiné à accompagner les institutions depuis la phase d’urgence post-catastrophe jusqu’à une remise en état durable. Son approche accorde la priorité absolue à la sécurité des personnes, suivie d’une stabilisation systématique, d’une documentation et d’une planification progressive de la conservation.
Mohamed Moustafa, coordinateur du groupe de travail de l’ICOM sur la conservation du bois, du mobilier et de la laque et Grand Musée égyptien (GEM), s’est concentré sur les vulnérabilités des objets en bois. Décrivant le bois comme un matériau « dynamique », il a mis en évidence la complexité mécanique des assemblages, de l’orientation du grain et des structures composites, et a souligné la nécessité de mise en place de méthodologies d’évaluation et de stabilisation spécialisées pour améliorer la résilience aux séismes.
La conservatrice Shayne Rivers s’est également jointe à la discussion et a répondu aux questions du public.
Échange de connaissances et collaboration
Cette session en direct a permis d’approfondir les discussions sur les matériaux et les méthodes de conservation, la préparation et la réponse aux situations d’urgence, ainsi que les méthodes d’évaluation des risques et des dommages.
La table ronde a réaffirmé le rôle essentiel de la collaboration interdisciplinaire et internationale dans la réponse aux situations d’urgence. En partageant l’expertise mondiale et les méthodologies pratiques, l’événement a favorisé une prise de décision locale éclairée et a contribué à renforcer la résilience face aux séismes dans l’ensemble du secteur muséal.
Alors que les efforts de reconstruction se poursuivent, les discussions engagées lors de cette table ronde aideront à orienter à la fois les interventions immédiates et les futures stratégies de préparation, garantissant ainsi la protection du patrimoine culturel, même face à des événements sismiques imprévisibles.