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septembre 17, 2018

Réseau Communiqué de l’ICOM sur la nécessité d’accorder des fonds adéquats aux musées

Alors que nos collègues brésiliens évaluent l’ampleur de la perte dévastatrice pour le patrimoine culturel mondial à la suite de l’incendie de leur musée national, nous, la communauté internationale des musées, devons prendre acte de faits concrets concernant notre secteur.

La tendance actuelle à la réduction des dépenses publiques consacrées au patrimoine culturel menace l’existence même des musées dans de nombreuses régions du monde. Le terme générique «patrimoine culturel» est fréquemment utilisé par les gouvernements nationaux pour identifier les dépenses consacrées aux biens historiques, monuments, sites et musées d’un pays, chacun de ces aspects ne recevant qu’une partie du budget total.

Le financement public des nouveaux projets d’immobilisations des musées est souvent présenté de façon exagéré, les fonds destinés aux opérations en cours diminuant régulièrement. Face à une telle conjoncture, les musées ont fait preuve de beaucoup de résilience et de créativité pour attirer et générer de nouvelles sources de revenus, grâce à des sponsors et à des donateurs ou à des activités de merchandising. Néanmoins, ces modèles ne peuvent être durables que si les pouvoirs publics s’appuient fortement sur des politiques publiques et s’engagent clairement à financer les activités quotidiennes des musées.

L’importance de l’investissement public dans le Patrimoine culturel et les musées ne peut être surestimée. A l’instar du Musée national de Rio de Janeiro, nos institutions sont des ressources publiques vitales qui préservent notre mémoire collective et notre héritage pour les générations futures. Ce sont des lieux d’apprentissage et de découverte incomparables pour toutes les couches de la société, même les plus marginalisées.

Les gouvernements doivent établir des politiques pour soutenir cette mission cruciale, en donnant la priorité à la sécurité des musées, et en assurant à leur collections protection, maintenance et recherche de manière constante. Sans ce soutien, les aspects vitaux des opérations d’un musée sont négligés, ce qui peut conduire à des résultats désastreux, comme le montre l’expérience brésilienne.
Le Musée national du Brésil ne peut être reconstruit rapidement et simplement, mais le soutien et la solidarité de notre communauté internationale des musées et la réaction du grand public témoignent de la force de notre domaine et de la capacité des musées à toucher des vies.

À la suite de la catastrophe du Musée national du Brésil, le Conseil International des Musées (ICOM) appelle les responsables politiques et les décideurs du monde entier à reconnaître la nécessité de s’occuper des musées, à allouer des financements adéquats afin qu’ils puissent continuer à jouer leur rôle dans la société et pour les générations à venir.

Nous sommes prêts à collaborer avec les gouvernements nationaux et régionaux, en particulier le gouvernement brésilien, avec nos institutions partenaires, l’ICCROM, l’UNESCO et l’OCDE, et d’autres organisations internationales pour réfléchir à l’avenir des musées et faire en sorte qu’une catastrophe de cette ampleur ne se reproduise jamais.