Les musées n'ont pas de frontières,
ils ont un réseau

Deux thèmes principaux ressortaient de l’édition 2019 de la conférence Best in Heritage, qui s’est tenue du 25 au 27 septembre à Dubrovnik, en Croatie : le développement durable et la puissance des histoires personnelles.

 Lors de son discours d’ouverture, le fondateur et directeur de la conférence, Tomislav Sola, a indiqué que, bien que celle-ci soit devenue un événement reconnu, elle devait néanmoins continuer à présenter des projets captivants si elle voulait conserver la curiosité du public.

La présidente de l’ICOM, Suay Aksoy, a donné le ton quant aux réflexions sur le changement climatique en soulignant le rôle que doivent jouer les musées et les institutions patrimoniales dans la protection de la planète.

Errol Van de Werdt, le directeur général du musée du Textile de Tilbourg, le lauréat de l’édition précédente, a célébré le patrimoine, « un modèle et un refuge dans cette période de changements ».

Conformément au format traditionnel, Best in Heritage a commencé par la présentation de 14 projets numériques innovants dans le cadre du programme IMAGINES. Tim Powell, producteur dans l’organisation Historic Royal Palaces, le gagnant de l’année précédente, a profité de son discours pour souligner combien il est important d’utiliser diverses techniques et d’accepter l’échec dans les processus créatifs.

Le prix IMAGINES a été attribué à #Romanovs100 et à #1917Live, deux projets qui ont permis à la station de télévision Russia Today de redonner vie aux archives photographiques privées de la dernière famille royale du pays, à l’occasion de l’anniversaire de la révolution russe. Le deuxième vote populaire a été remporté par le musée national d’Australie pour son exposition conçue par une communauté aborigène, Songlines: Tracking the Seven Sisters Interactive, un voyage numérique magique à travers un récit aussi ancien qu’épique.

Les 28 présentations des projets patrimoniaux de la catégorie suivante, Projets d’influence, étaient autant d’hommages passionnés aux professionnels des musées et aux parties prenantes qui leur ont permis de voir le jour, ainsi qu’aux communautés qu’ils servent.

La capacité à susciter l’intérêt d’un public en proposant une plateforme sur laquelle raconter les histoires personnelles a transparu de manière émouvante lors des présentations du musée de l’Enfance en temps de guerre, de l’exposition « Explosion 67 » du Centre d’histoire de Montréal et du musée d’État de l’Histoire du goulag.

Le musée d’Histoire naturelle et environnementale (Japon), le musée de Demain (Brésil) et l’Association des comités privés internationaux pour la sauvegarde de Venise ont quant à eux rappelé le fort potentiel des institutions patrimoniales dans l’avènement d’un mode de vie durable.

Le prix du Projet d’influence a été remis au LAMO Center de Leh, en Inde, pour sa rénovation d’une demeure historique, aujourd’hui un espace culturel animé qui s’inspire de sa communauté.

Il était talonné par la société historique de Détroit, pour sa campagne historique orale méritante qui vise à attirer sa communauté en cette période sombre pour la ville, et par le musée d’Art moderne de Perm, en Russie, qui a présenté sa nouvelle approche pour collaborer avec les citoyens de tous âges.

Après 19 années d’engagement auprès de Best in Heritage, l’ICOM est, cette année, devenu le principal partenaire de l’événement.