Les résultats de la première enquête mondiale UNESCO-ICOM sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans les musées seront présentés lors du Forum mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle 2026, qui se tiendra à Riyad le 17 septembre. Menée auprès de plus de 400 musées dans 90 pays, l’enquête révèle que 57 % des musées ayant répondu utilisent déjà l’IA, tandis que 55 % ne disposent d’aucune politique, stratégie ou ligne directrice interne en matière d’IA. Ces résultats montrent un secteur qui avance rapidement dans l’expérimentation, alors que les capacités institutionnelles, la gouvernance et la formation peinent à suivre le rythme.
« Les musées du monde entier expérimentent l’IA tout en faisant face à d’importantes questions liées à l’éthique, à la confiance et à la responsabilité professionnelle. Cette enquête nous offre une vision plus claire de ce paysage en évolution et aidera l’ICOM à soutenir les musées dans leurs décisions éclairées concernant l’opportunité, le moment et les modalités d’utilisation de l’IA. Alors que le Code de déontologie de l’ICOM récemment révisé traite désormais explicitement des technologies numériques, l’ICOM souhaite également veiller à ce que les valeurs et l’expertise des musées contribuent à façonner un développement et un usage responsables de l’IA. » a déclaré Medea S. Ekner, Directrice générale de l’ICOM
L’enquête montre que l’IA est utilisée dans un nombre croissant d’activités muséales, notamment dans l’administration (70 %), la communication (62 %), la recherche et la documentation (43 %), ainsi que dans la conception des expositions et les interactions avec les visiteurs. Cependant, son adoption reste largement exploratoire ou portée par les équipes, plutôt qu’intégrée à l’échelle de l’institution. Seuls 17 % des musées déclarent proposer des formations à l’IA à leur personnel.
« Les résultats de l’enquête mondiale indiquent que le secteur se trouve à une étape importante de l’adoption de l’IA : l’expérimentation progresse plus rapidement que les capacités institutionnelles et les mécanismes de gouvernance. L’UNESCO continuera à accompagner les musées dans le développement des compétences, des politiques et des cadres éthiques nécessaires à la prise de décision éclairée quant au moment, aux domaines et aux modalités selon lesquels l’IA peut le mieux servir leurs missions culturelles, éducatives et sociales, selon » a déclaré M. Nayef Al-Fayez, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour la culture
Les musées ont également identifié l’exactitude, les droits d’auteur, la propriété intellectuelle, la protection des données, la transparence et les biais parmi leurs principales sources de préoccupation. Les participants ont émis le besoin d’orientations pratiques, de formations, d’une gouvernance renforcée des données ainsi que davantage d’occasions de partager leurs expériences et leurs bonnes pratiques.
L’enquête met en évidence une grande diversité d’approches, allant par exemple de l’utilisation de l’IA par les communautés pour préserver les connaissances culturelles au Maasai Heritage Museum au Kenya, à l’utilisation de l’IA pour favoriser l’interaction avec les visiteurs au Museum of Tomorrow au Brésil, en passant par des applications dédiées à la recherche sur les collections, à l’accessibilité et à la documentation dans des musées de différentes régions.
Ces résultats contribueront aux efforts visant à accompagner les musées et les professionnels des musées dans l’évaluation des technologies émergentes, conformément à leurs responsabilités éthiques et à leur mission au service de la société. Ils contribuent également à la mise en œuvre de la Recommandation de l’UNESCO de 2015 concernant la protection et la promotion des musées et des collections, de leur diversité et de leur rôle dans la société, de la Recommandation de l’UNESCO de 2021 sur l’éthique de l’intelligence artificielle, ainsi que du Code de déontologie de l’ICOM pour les musées.
Consultez le rapport ici (en anglais)